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Dialogue du réconfort dans les tribulations de Saint Thomas More par ami de la Miséricorde 2017-08-01 23:36:21 Imprimer Imprimer

XIV. LA MANIE DU SCRUPULE

(...) ANTOINE : Quand le loup vint se confesser, continuait la mère Maud, c'était le vendredi saint. Le confesseur lui demanda en secouant furieusement son chapelet, dont les grains étaient gros comme des balles, pourquoi il venait si tard. « Père Renard, dit le loup, je vous dirai la vérité ; c'est d'ailleurs pour cela que je suis ici. Je n'ai pas osé venir plus tôt tant je craignais qu'en pénitence de ma gloutonnerie vous ne me prescriviez de jeûner pendant une partie du carême. » — « Voyons, dit Père Renard, je ne suis pas si déraisonnable. Je ne jeûne même pas moi-même. Je vous le dis, mon fils, ici, entre nous, en confession, ce jeûne n'est pas un commandement de Dieu, mais une invention des hommes. Les prêtres, en faisant jeûner les gens, leur donnent du souci pour un reflet dans l'eau ; ils les font tourner à bourrique. Mais moi je ne m'y laisse pas prendre, mon fils, j'ai fait gras tout le carême. Mais pour ne pas causer de scandale, je mange en cachette dans ma chambre, à l'insu de ces frères stupides dont la conscience faible et timorée eût été troublée de me voir. Je vous conseille de faire comme moi. » « C'est bien ce que je fais, autant que possible, dit le loup, Dieu merci ! Je ne prends mes repas qu'en la compagnie de frères dont je suis sûr et qui ont ma complexion. Ils n'ont pas la conscience faible, eux, je vous le garantis, et leur estomac est aussi solide que le mien. »

« C'est sans importance », dit le renard.

Cependant, au cours de la confession, le loup lui apprit qu'il dévorait parfois en seul repas tant de nourriture que, pour le même prix, une famille modeste aurait pu vivre une semaine. Prudemment, le renard lui en fit grief et lui fit un beau sermon où il louait sa propre frugalité : « Je ne dépense mie plus de cent sols par repas, dit-il, souvent mon écot n'atteint même pas cette somme. Quand j'ai envie d'une oie, je ne vais pas l'acheter chez le marchand de volailles, où elles sont toutes plumées, parées et où on peut aisément choisir la plus grasse ; non, je me fournis directement à la ferme, c'est moins cher. Je ne vais même pas les choisir de jour, mais j'y vais la nuit et je prends au hasard, la première qui se présente. Bien sûr, il me faut la plumer moi-même. Parfois elle est vraiment maigre et ne vaut même pas vingt sols, mais je trouve encore le moyen d'en faire deux repas. Vous me dites que vous vivez de rapine. Je n'y vois aucun mal. Vous avez toujours vécu ainsi, et je ne pense pas que vous puissiez agir autrement, ce serait folie y de vous l'interdire, vraiment ce serait contre ma conscience. Il vous faut vivre, et vous n'avez pas d'autre moyen d'existence : vous devez donc garder celui-là.

Pourtant, vous devez observer quelque mesure, et je vois, d'après votre confession, que vous n'en avez pas la notion. Je vous donne donc pour pénitence, de ne pas dépasser la somme de cent sols pour un repas, vous évaluerez vous-même le prix, en conscience. » (...)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

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