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La guérison de la lèpre spirituelle par Abbé Néri 2017-09-06 13:32:54 Imprimer Imprimer

Il arrive souvent au cours de l'année liturgique que la convergence entre le cycle temporel et le sanctoral apporte des heureuses correspondances. C'est ainsi que dimanche dernier l'évangile du jour était un excellent moyen de reconnaître la grandeur du saint Pape Pie X qu'on commémorait le même jour.

Le récit de l'évangile nous racontait littéralement la guérison des dix lépreux aux confins de la Samarie et la Galilée (1). En commentant ce texte saint Augustin propose une explication du sens figuré :

« Dans le sens figuré les lépreux représentent ceux qui, n’ayant point la science de la vraie foi, professent les doctrines si variées de l’erreur. Loin de cacher leur ignorance, ils la font paraître au grand jour comme une souveraine habileté, et la font valoir dans des discours pleins d’ostentation. » (2)

Dans cette première application du sens figuré apparaît un trait qui caractérise le comportement des hérétiques à savoir leur impudence. Mais le saint docteur en excellent pédagogue montre le parallèle entre la maladie sensible de la lèpre et celle spirituelle de l'erreur :

« La lèpre vicie [et altère] la couleur du corps; or, ce mélange incohérent de vérités et d’erreurs qui se produit dans une seule discussion, dans un seul et même discours, comme dans la couleur extérieure d’un seul et même corps, figure la lèpre qui altère et flétrit le corps de l’homme par les nuances vraies et fausses de ses diverses couleurs. » (3)

Il tire ensuite une conséquence de une brûlante actualité :

« L’Église doit éviter la société de tels hommes, qui doivent être tenus au loin, si cela se peut, et invoquer de là le Sauveur à grands cris. » (4)

Il y en a, on le voit des séparations salutaires, mais tout en évitant le commerce avec les hommes égarés cela ne signifie pas pour autant qu'on doit considérer cet état comme irrémédiable, puisque il faut faire appel au divin Maître.

« Le nom de Maître, qu’ils lui donnent, me paraît indiquer que la lèpre est la figure des fausses doctrines qu’il n’appartient qu’au bon Maître de faire disparaître. » (5)

Cependant Notre-Seigneur a voulu que le sacerdoce qu'il a institué participe au soin des âmes par le pouvoir d'instruire extérieurement et l'administration des sacrements :

« A l’exception de ces lépreux, nous ne voyons pas que Notre Seigneur ait envoyé vers les prêtres aucun de ceux auxquels il avait rendu la santé du corps. Le sacerdoce des Juifs a été la figure du sacerdoce qui est dans l’Église; le Seigneur guérit et corrige par lui-même tous les autres vices dans l’intérieur de la conscience : mais le pouvoir d’instruire et de sanctifier les âmes par l’administration des sacrements et d’enseigner par la prédication extérieure a été donné à l’Église. »(6)

C'est dans cette double tache que saint Pie X a eu une activité exceptionnelle qu'illustre le propre de la sainteté pontifical. Il a veillé avec un zèle ardent a garder la santé spirituelle du troupeau du Seigneur en dénonçant et séparant de l’Église les ennemis de la foi :

« A la mission qui Nous a été confiée d'en haut de paître le troupeau du Seigneur, Jésus-Christ a assigné comme premier devoir de garder avec un soin jaloux le dépôt traditionnel de la foi, à l'encontre des profanes nouveautés de langage comme des contradictions de la fausse science. Nul âge, sans doute, où une telle vigilance ne fût nécessaire au peuple chrétien: car il n'a jamais manqué, suscités par l'ennemi du genre humain, d'hommes au langage pervers, diseurs de nouveautés et séducteurs, sujets de l'erreur et entraînant à l'erreur. Mais, il faut bien le reconnaître, le nombre s'est accru étrangement, en ces derniers temps, des ennemis de la Croix de Jésus-Christ qui, avec un art tout nouveau et souverainement perfide, s'efforcent d'annuler les vitales énergies de l’Église, et même, s'ils le pouvaient, de renverser de fond en comble le règne de Jésus-Christ. Nous taire n'est plus de mise, si Nous voulons ne point paraître infidèle au plus sacré de Nos devoirs, et que la bonté dont Nous avons usé jusqu'ici, dans un espoir d'amendement, ne soit taxée d'oubli de Notre charge. »(7)

Après avoir rappelé la nécessité de veiller à préserver l’intégrité de la foi des dangers que les hommes imbus d'erreurs (véritable lèpre spirituelle) lui font courir, il prends soin de les signaler aux fidèles pour qu'ils puissent s'en écarter et ainsi échapper à leur séductions :

« Ce qui exige surtout que Nous parlions sans délai, c'est que, les artisans d'erreurs, il n'y a pas à les chercher aujourd'hui parmi les ennemis déclarés. Ils se cachent et c'est un sujet d'appréhension et d'angoisse très vives, dans le sein même et au cœur de l’Église, ennemis d'autant plus redoutables qu'ils le sont moins ouvertement. Nous parlons, Vénérables Frères, d'un grand nombre de catholiques laïques, et, ce qui est encore plus à déplorer, de prêtres, qui, sous couleur d'amour de l’Église, absolument courts de philosophie et de théologie sérieuses, imprégnés au contraire jusqu'aux moelles d'un venin d'erreur puisé chez les adversaires de la foi catholique, se posent, au mépris de toute modestie, comme rénovateurs de l’Église; qui, en phalanges serrées, donnent audacieusement l'assaut à tout ce qu'il y a de plus sacré dans l’œuvre de Jésus-Christ, sans respecter sa propre personne, qu'ils abaissent, par une témérité sacrilège, jusqu'à la simple et pure humanité. » (8)

Dès le début de son pontificat saint Pie X voulu se placer sous le patronage de saint Grégoire le Grand qu'il considérait comme le modèle des successeurs de saint Pierre. Et il l'a fait d'autant plus qu'il voyait dans les calamités qui assaillaient l’Église dont il avait la charge un reflet de la situation que saint Grégoire a connu :

« L'église de Rome, Grégoire lui-même l'appelle un vieux vaisseau désemparé ... qui fait eau de toutes parts, et dont la coque vermoulue, battue par les fureurs de tempêtes quotidiennes, annonce le naufrage (Registrum I, 4 ad Joann. Episcop. Constantinop.). Mais le pilote que la main de Dieu avait suscité était habile. Placé au gouvernail, il réussit, en dépit des ouragans furieux, non seulement à aborder au port, mais encore à mettre son navire à l'abri des tempêtes à venir. »(9)

Saint Pie X fut aussi un habile pilote qui reste pour nous un véritable phare pour nous guider et pouvoir ainsi traverser les tempêtes que nous traversons aujourd'hui. Et comme les malades de l'évangile qui cherchaient le salut en Jésus-Christ, le saint pontife nous rappelle qu'il ne faut pas le chercher ailleurs :

« Le salut, cependant, n'est pas ailleurs que dans le Christ : Car il n'est pas sous le ciel d'autre nom qui ait été donné aux hommes, dans lequel nous devions être sauvés (Act. IV, 12). Il est donc nécessaire de revenir à lui, de se prosterner à ses pieds, de recueillir de sa bouche divine les paroles de la vie éternelle : car seul il peut indiquer le chemin capable de nous ramener au salut, seul il peut enseigner le vrai, seul rappeler à la vie, lui qui a dit de lui-même : Je suis la Voie et la Vérité et la Vie (Joan. XIV, 6). On a tenté à nouveau de traiter les affaires du monde en dehors du Christ ; on a commencé à bâtir en rejetant la pierre angulaire. Pierre le reprochait à ceux qui crucifièrent Jésus. Et voici qu'une seconde fois la masse de l'édifice s'écroule en brisant la tête des constructeurs. Jésus reste malgré tout la pierre angulaire de la société humaine, et de nouveau se justifie la maxime : Il n'est de salut qu'en lui. »(10)

Implorons le Seigneur nous inspirant de la prière liturgique :

« Ô Dieu, qui pour protéger la foi catholique et instaurer toute chose dans le Christ, avez rempli le Souverain Pontife saint Pie de sagesse céleste et de force apostolique : accordez-nous favorablement de suivre son enseignement et ses exemples afin de parvenir aux biens éternels. » (11)



(1) Luc 17;11-19
(2) quest. Evang., 2, 40.
(3) idem
(4) idem
(5) idem
(6) idem
(7) Lettre encyclique Pascendi Dominici Gregis du 8 sept. 1907 – n°1
(8) Idem n°2
(9) Lettre encyclique Jucunda Sane du 12 mars 1904
(10) idem
(11) Collecte de la Messe

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